dimanche 6 février 2011

"Mon chien Stupide" de John Fante

mon_chien_stupideL'histoire: D'origine italienne, Henry Molise vit en Californie, mais garde au fond de lui son rêve de partir vivre à Rome pour retrouver ses origines. Mais ce rêve est également symptomatique du mal-être qui l'habite. Auteur de scénarii minables, père de quatre ados-adultes indignes, relations instables avec sa femme, Henry se demande où est sa vraie place. Jusqu'à l'arrivée de Stupide, un énorme chien errant qui a élu domicile chez cette famille -pas si- atypique.
Ce nouveau venu va faire remonter à la surface les rancœurs, les vraies personnalités, et les vérités de chacun. Henry doit alors faire des choix entre ses rêves et sa famille, pour trouver la stabilité qui calmera ce joyeux bordel à l'américaine.

La critique de Mr K: Et une lecture distrayante de plus. Ce livre fait partie d'un pack que mes parents m'ont refilé lors du grand tri du grenier familial! Je l'ai lu très vite et je l'ai grandement apprécié.

On suit pendant 155 pages, les tribulations d'une famille américaine assez déjantée et l'irruption dans leur vie d'un gros chien qu'ils trouvent un jour vautré au beau milieu de leur jardin. Ce livre est avant tout un prétexte pour l'auteur pour nous présenter toute une galerie de personnages tous plus loufoques les uns que les autres: le narrateur-héros (Bandini) est un quinquagénaire, écrivain de scénarios pour le cinéma et surtout la télé qui est sur la pente descendante, son heure de gloire est derrière lui. Ce que ne manque pas de lui faire remarquer régulièrement avec cynisme trois de ses quatre enfants, véritables sangsues au quotidien, accrochés à leurs parents comme des moules à leur rocher. Les réparties sont donc souvent violentes et la vie familiale plutôt agitée. Reste le troisième frère plutôt effacé qui fait la joie de ses parents et la mère, toujours aussi follement amoureuse de son râleur de mari, au caractère aussi bien trempé que celui de son homme. C'est dans ce contexte que Stupide (c'est le nom du chien!) va rentrer dans la famille. Directement ou indirectement, il va changer leur vie et provoquer bien du remue-ménage.

La principale force de cet ouvrage, c'est que l'on oscille régulièrement entre comédie et drame. Ainsi, le chien est un sérial-violeur à tendance homosexuelle qui s'excite et se frotte à tous les êtres mâles qu'il peut croiser (chiens de garde, avocat bronzant sur la plage, le père...)! A ce propos, le narrateur s'adonne à un exercice de psychanalyse canine particulièrement délirant lorsqu'il se rend compte des pulsions incontrôlables de son nouveau chien. Les dialogues entre les différents membres de la famille sont savoureux et les descriptions du narrateur souvent décalées avec un «nonsense» à l'anglaise. Cependant, derrière ce côté rigolo, l'auteur aborde des sujets plus graves comme le départ des enfants de la maison familiale (ils ont beau être chiants, ils manquent à leurs parents), la vieillesse et le bilan que l'on peut faire de sa vie, la disparition d'un animal de compagnie... autant de passages où le ton devient pathétique et donne une certaine consistance supplémentaire aux acteurs de cette histoire, bonifiant par là même un livre qui aurait pu se contenter de verser dans le comique.

Un très bon livre que je vous conseille fortement notamment à tous ceux qui ont apprécié le film "Little miss sunshine".

Posté par Mr K à 16:20 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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