portrait_du_malL'histoire: Ils étaient prêts aux pires atrocités pour conserver l'éternelle jeunesse. Un portrait de douze personnages au visage en décomposition... La toile est l'oeuvre d'un certain Waldegrave, ami d'Oscar Wilde et passionné d'occultisme, mais elle est sans valeur et plutôt médiocre. Alors pourquoi la mystérieuse Cordelia Gray veut-elle à tout prix s'en emparer? Quel est le secret du portrait? Qui sont ces douze personnages? Vincent Pearson, l'actuel propriétaire du tableau, découvre un lien entre cette oeuvre démoniaque et une série de meurtres particulièreme,t abominables qui secouent la Nouvelle-Angleterre depuis quelques mois.

La critique de Mr K: Encore un livre que j'ai lu très rapidement tant j'ai été emporté par l'histoire! Il faut dire que je ne suis pas à mon coup d'essai avec Graham Masterton que j'ai pratiqué assez fidèlement à une certaine époque. En son temps, j'avais tout particulièrement apprécié "Manitou" quand légende amérindienne et fantômes vont de concert, "Tengu" un esprit assoiffé de vengeance ou encore "Démences" se passant dans un hopital psychiatrique hanté... Vous l'avez compris, cet auteur ne s'est pas spécialisé dans le drame sentimental ou la science-fiction! C'est un auteur de thriller-épouvante pur et dur.

Le présent ouvrage n'est en fait qu'une espèce de "variation transgénique" de l'oeuvre phare d'Oscar Wilde "Le portrait de Dorian Gray". Les références y sont multiples (le nom de famille de la mystérieuse famille, leur lieu de résidence, le tableau...) et l'on y croise en chemin d'ailleurs le célèbre auteur dandy! Il est donc ici question d'éternité et surtout des moyens mis en oeuvre pour la conserver. Ils sont, vous l'avez deviné, prétexte à d'horribles pratiques sanguinaires et autres joyeusetés. Comme à son habitude, Masterton excelle dans cet exercice, le lecteur se retrouvant dans la tête du fou dangereux lors du passage à l'acte. D'où par moment, une impression de malaise bien dérangeante et finalement excitante. Notre curiosité morbide toute naturelle (je vous rassure, je n'ai jamais tué personne même si parfois la tentation est grande, notamment avec mes élèves -sic-!) est attisée et il est très difficile de résister au chapitre suivant! Il m'a fallu trois jours...

Le héros est galleriste et l'aventure se déroule dans le monde de l'Art et du commerce d'oeuvres. J'aime beaucoup cet univers dans le domaine de la littérature. J'avais déjà lu, il y a quelques temps, un thriller US se passant à New York dans ce milieu là:Les visages. Ici, Vincent le propriétaire du fameux tableau est un personnage atypique notamment dans sa relation avec les femmes et sous son aspect conformiste se cache un être doué de sensibilité et de compassion. Au fur et à mesure de ses démélés avec la famille Gray, il va se découvrir, se livrer à nous sans pudeur pour un final assez inattendu (la révélation bien que classique comporte un élément que je n'avais vraiment pas soupçonné et qui à lui seul mériterait que l'on relise le roman afin de le décoder!).

Amateurs d'horreur, d'épouvante et de mystères ce livre est pour vous! Relativement bien écrit (ce n'est tout de même pas de la grande littérature), Masterton nous livre une histoire haletante, bien ficelée. Le cahier des charges du genre est rempli et les personnages sont assez attachants, y compris les affreux! Une bien bonne lecture pour passer le temps et se distraire.