dimanche 28 février 2010

"Apocalypses" de Clive Barker

clive_barkerL'Histoire:

Construire le Nouvel Enfer, y ttirer Satan et les Anges des Ténèbres: tel est le projet grandiose de Grégorius, qui, ne lésinant devant aucun moyen, mène lui-même la danse entre la poix fondue des fosses et les culs-de-sac étouffants...

L'Enfer n'étant pas toujours le pire, Jérôme aurait peut-être préféré mourir dans les flammes plutôt que brûler de désir, lui, la victime désignée d'un plan diabolique: ne lui a-t-on pas inoculé un aphrodisiaque qui l'érotise à mort et le conduit aux pires excès?

Plus dévastateur encore, ce couple d'amants qui s'entre-tué quelque trente ans plus tôt et décide de revivre une seconde fois le cataclysme qui l'a anéanti...

La critique de Mr K:

Ben ca y est! Je chronique le volume 4 des livres de sang de Barker. À l'image des volumes 1, 2 et 3; il y a à boire et à manger dans ce volume et je pense que j'en resterais là en ce qui concerne les nouvelles horrifiques de cet auteur. D'ici quelques mois, je lirai un de ses romans qui m'ont échappé.

Le corps politique est le titre de la première des cinq nouvelles qui composent le présent volume. Le thème est classique, un homme commun perd progressivement le contrôle de ses mains qui veulent faire la révolution! Le pire, c'est que l'épidémie se propage au monde entirer. Rien de bien follichon dans ce texte: plutôt mal écrit et le thème est sous exploité. Grosse déception à la fin de ces 60 pages, le soufflé retombe sur... rien! Je passe à la suivante, l'esprit plein d'appréhension!

La condition inhumaine. Tout commence par l'agression et le tabassage d'un SDF par une bande de p'tits cons. Il décède des suites de ses blessures et l'un des abrutis trouve dans les affaires de la victime une curieuse cordelette avec trois noeuds. Cet objet va s'avérer magique puis maléfique au fur et à mesure que le héros va le triturer. Autant le début est assez haletant, autant on retombe bien vite dans une classique vengeance d'outre-tombe. La fin bien amenée sauve l'ensemble sans vraiment transcender le lecteur. Là encore les 60 pages sont de trop, Barker aurait gagné en efficacité en étant plus concis. À ce moment de ma lecture, j'avais presque envie de laisser tomber malgré le respect que j'ai pour l'auteur.

Apocalypse. La nouvelle éponyme est une réussite et je reprends confiance par la même occasion. On suit un pasteur intégriste, sa femme et leur chauffeur qui font une halte dans un motel où un drame a eu lieu des années auparavant. Justement, les acteurs de ce sanglant fait divers sont de retour d'entre les morts pour rejouer la scène en essayant de modifier les événements, savoir si les choses auraient pu se dérouler autrement. Très bonne histoire que celle-ci, les destins se croisent et finissent par se confondre. Tout en nuance (contrairement aux deux premières nouvelles), on sombre peu à peu en compagnie des malheureux humains, on perd ses repères et finalement la fin nous bluffe. Un bon moment et un Barker qui semble se reprendre.

Retro satanax. Un homme décide de transposer l'Enfer sur Terre afin d'y attirer le seigneur des mouches (Belzébuth en araméen) et sa cohorte de démons. Très brève (6 pages), on nage entre réalité et onirisme, cette nouvelle est plus ouverte et peu caractéristique du style Barker. J'y ai trouvé des similitudes avec l'écriture de Lovecraft dans Démons et merveilles que j'avais dévoré.

Le siècle du désir. Un homme victime d'expérimentation en laboratoire se voit soumis à une libido galopante qui devie rapidement vers la folie furieuse. On replonge là dans les obsessions propres à l'auteur: le sexe, la souffrance et la violence. J'ai bien aimé la caractérisation du héros qui dans un premier temps reste lucide sur ses actes et essaie de comprendre et de contrôler ses pulsions. Mais décidément l'univers de Barker est irrémédiablement sombre comme l'atteste la fin pathétique et triste qui nous est offerte.

Je ressors de cette lecture plutôt déçu avec l'impression que ce volume à part deux pièces intéressantes retourne sur des sentiers que Barker a déjà explorés. Un sentiment de déjà vu ne m'a pas quitté de toute la lecture et je me dis que c'était peut-être Le livre de sang de trop. À réserver aux amateurs!

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samedi 27 février 2010

"Chroniques de la Lune Noire" vol 4, 5, 6 de Froideval, Ledroit et Pontet

J'avais laissé les Chroniques de la Lune Noire au volume 3 qui voyait l'émergence d'un nouveau Wismerhill au sein d'un monde plus troublé que jamais où intérêts politiques et personnels se confondaient. Avec les 3 volumes suivants, les complots s'affinent et les lames vont parler!

vol4Vol4: "Quand sifflent les serpents".

La Lune Noire semble à son zénith et précipite les forces qui s'arrachent les lambeaux de l'Empire de Lhynn vers l'affrontement. L'issue de la bataille ne pourra être que le chaos et la mort pour l'empereur, les grands vers, et les chevaliers de la Lumière. Wismerhill et sa bande de mercenaires ne seront pas que de simples spectateurs dans le jeu mortel qui débute. Et la brûlante succube, âme damnée de Wismerhill, devra choisir son vrai mâître... Peu à peu, telle l'araignée qui tisse sa toile, la guerre pénètre les esprits. Ce tome s'apparente plus à une transition. On passe en revue les forces en présence: puissance et desseins secrets. On apprend d'ailleurs que personne n'est dupe et que sous les alliances de façade, tout le monde se méfie de tout le monde d'où une ambiance délétère bien marquée (déjà présente mais plus discrète dans les tomes précédents). Apparaît pour la première fois un mystérieux personnage: Methraton qui semble surveiller sans intervenir ce qui se trame en bas (il loge dans une pyramide volante, bien pratique!), nul doute que son rôle va s'étoffer dans les tomes suivants! Wismerhill quant à lui se voit confier par le maître de la Lune Noire des troupes et bat la campagne pillant villes et châteaux les uns après les autres. Sur sa route, il pourrait croiser son père... à moins que ce ne soit qu'une chimère? L'apothéose est atteint à la fin du volume par deux mots qui veulent tout dire: LA GUERRE!

vol5Vol5: "La danse écarlate".

La guerre qui couvait depuis longtemps est désormais inévitable, de partout les armées avancent vers le champ de bataille où déjà le terrible Haazheel Thorn tient des troupes prêtes. Wismerhill (et ses compagnons) continue de ravager les terres des vassaux impériaux, c'est alors qu'il décide de se rallier au maître de la Lune Noire. Le choc des armées sera terrible, mais le maître de la Lune Noire est un redoutable adversaire. Les portes des Enfers sont ouvertes, la Mort danse une lente valse écarlate. Le destin sonne une fois de plus à la porte de Wismerhill. Ca défouraille sec dans ce volume! Rien ne nous est épargné de la danse macabre qui nous est ici comptée, contemplée de loin par Méthraton et le Seigneur des enfers. Choc des armées, combats singuliers entre chiens de guerre, traîtrises d'alliés, stratégies changeantes et un bouleversement final plutôt bien trouvé. Il s'agit d'un de mes tomes préférés (le dernier avec le dessinateur Ledroit), le dessin contribuant une fois de plus avec merveille à retranscrire le caractère épique de cette série qui dans le présent tome prend toute sa dimension. Sans révéler des éléments importants, sachez qu'un camp peut revendiquer la victoire mais qu'il s'agit une fois de plus qu'un écran de fumée cachant un plan machiavélique qui va se développer dans les tomes suivants...

vol6Vol6: "La couronne des ombres".

L'Empire semble victorieux... La discorde ronge pourtant déjà ses rangs, Wismerhill croyait avoir gagné Moork mais les ombres du passé se dressent devant lui, menaçantes, sournoises. Wismerhill est une fois de plus face à son destin. Ceindra-t-il la couronne des ombres? Pourra-t-il faire face aux terribles volontés de l'aigle bicéphale? Se dressera-t-il seul face à l'Empire tout puissant? Le volume 6 voit Pontet remplacer Ledroit au dessin. On y perd et on y gagne rien, tant leurs dessins sont proches. Belle transition dans l'équipe en tout cas! La guerre est terminée mais le vainqueur n'est pas forcément celui qu'on croit. L'Empire est plus divisé que jamais et les déceptions sont grandes. Wismerhill devient seigneur de Moork malgré une opposition farouche de l'empereur et va même étendre son territoire ce qui va le faire devenir un personnage incontournable de l'Empire de Lhynn. Vous l'avez compris, Wismerhill s'étoffe encore davantage et étend son pouvoir, bluffant par la même tous ses protecteurs qui ne croyaient jusque là qu'à moitié en lui. Le ton du récit devient aussi un peu plus léger et les compagnons de Wismerhill restent adeptes de la gaudriole. À la fin du volume, Wismerhill se rapproche de l'empereur en lui jurant fidèlité ce que le souverain accepte sans pour autant lever ses doutes sur ce jeune présomptueux qui ose déposséder certains de ses vassaux de leurs terres. La tension est donc loin d'être retombée...

Rhâââ! 3 volumes de plus et le soufflé ne retombe toujours pas! Drôles à souhait, épiques, parfois même déviantes, les Chroniques de la Lune Noire dans ces trois volumes s'enrichissent de nouveaux personnages mystérieux et c'est tout un monde de relations politiques, économiques et dogmatiques qui évoluent devant nous. Du grand spectacle! Je chroniquerai les trois prochains volumes d'ici la fin du mois de mars.

vendredi 26 février 2010

"Un cadeau du ciel" de Cecelia Ahern

cadeau_cielL'histoire: Lou a une vie parfaite, une femme magnifique, deux enfants adorables et un travail qui le comble. Mais la réussite a un prix et Lou est prêt à tout pour parvenir au sommet. En se rendant au travail un matin d'hiver dans les rues enneigées de Dublin, Lou fait la connaissance de Gabe, un sans-abris qu'il croise tous les jours. Sa vie ne sera plus jamais la même car Gage n'est pas un homme comme les autres...

La critique Nelfesque: Mes beaux-parents m'ont offert ce livre en me disant: "Toi qui aimes Gavalda, tu devrais aimé celui-ci". En effet j'adore Anna Gavalda. Ses bouquins donnent le sourire et mettent du baume au coeur.

Je me suis lancée dans Un cadeau du ciel avec un léger à priori. Un autocollant sur la couverture annonce "Par l'auteur de P.S. I love you". Oula! Je n'ai pas lu le livre mais j'ai vu l'adaptation cinématographique et je n'ai pas vraiment adhéré à l'histoire...

Au final, j'ai lu ce livre en 2 jours. Le style de l'auteure est très fluide, un vocabulaire simple, beaucoup de dialogues. Disons le tout de suite, ce n'est pas de la grande littérature. Plutôt un roman de gare qui nous accompagne avec plaisir le long d'un voyage en train.

Du Anna Gavalda, je n'en ai pas vraiment trouvé. Ce n'est pas parce que l'histoire est bleuette et que l'écriture est typiquement une écriture de femme que Cecelia Ahern a le talent de Gavalda. Par contre du Didier Van Cauwelaert oui! Le style littéraire, le côté mystique et énigmatique du roman m'y ont fait clairement penser. Qui est ce Gabe? A peine Lou l'a-t-il sorti du caniveau qu'il ressent pour lui un sentiment étrange mêlé de familiarité et de peur. Que vient-il faire dans sa vie? Veut-il vraiment l'aider? Veut-il lui piquer sa place auprès des siens et dans son travail? A la vue du titre du livre et de la couvertureaux couleurs pastels et parsemée de petites fleurs, on s'imagine tout de suite que Gabe n'est pas un psychopathe sanguinaire... Le suspens n'est donc pas vraiment au rendez-vous. J'ai ma petite idée sur la nature exacte de Gabe mais je la garderai pour moi histoire de conserver quand même une part de mystère. Ce qui est sûr c'est qu'à son contact Lou devient meilleur et ce n'est pas du luxe car c'est un vrai "connard prétentieux" (il faut appeler un chat, un chat!).

La fin est sympathique, pas très originale mais elle fait son petit effet. Par contre, était-il vraiment nécessaire que l'auteure rajoute une couche de morale bien cucu? J'aurai préféré que le livre prenne fin deux pages avant...

En résumé, un livre qui s'adresse je pense plus à un lectorat féminin et qui, à défaut d'être le bouquin du siècle, nous accompagne quelques heures de façon agréable. Je suis prête à parier qu'ils en feront un film!

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jeudi 25 février 2010

Dieu est un astronaute?

GIAAJ'ai découvert cet excellent groupe par le biais d'Esteban, grand fan devant l'éternel qui n'hésite pas à aller jusqu'en Irlande pour les voir en live. Oui, il y a des dingues!

Mais qu'en est-il de ce groupe si phénoménal? Esteban est-il réellement fou ou tout cela est-il justifié?

Formé en 2002 par les frères jumeaux Kinsella, Niels et Torsten, ce groupe irlandais mêlant instrumental, post-rock, atmosphérique et flirtant avec le psyché, en est à son quatrième album. Goûter à GIAA, c'est prendre le risque de ne plus pouvoir s'en passer!

Tout a commencé il y a 7 ans, avec leur premier album "The end of the beginning", qui a marqué fort les esprits avec un son éthéré et atmosphérique. Quatre albums plus tard, toujours dans la même lignée, God Is An Astronaut (GIAA pour les intimes) reste fidèle à ses premières amours et ne déçoit pas. Au contraire, il nous conforte dans l'idée que nous sommes face à un groupe de qualité, un grand coup de coeur. Un groupe qu'il faut faire connaître, un album qu'il faut diffuser, offrir, distribuer, passer en soirée, envoyer en lettres anonymes... Et non un album à laisser croupir dans un coin. Vous l'aurez compris "God is an astronaut" est à se procurer de toute urgence!

Avec des mélodies simples et évocatrices, GIAA base sa musique sur des atmosphères, des intentions, des sensations. L'émotion monte peu à peu jusqu'à des explosions de batterie et guitares. Comme une libération. Ecoutez, mettez le son à fond et laissez vous porter.

Dans la lignée de groupes tels que Mogwai ou Explosions in the sky, GIAA mêle puissance et maîtrise savamment dosée.

Si "Dieu est un astronaute", nous avons là ses disciples!

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mercredi 24 février 2010

"Le Chat du Rabbin - Le Paradis terrestre" de Joann Sfar

rabbin_4L'histoire: Nous avions quitté le chat perplexe, à Paris, sous la pluie. Le voici de retour en Algérie, aux alentours d’Oran plus précisément. Là, il va passer quelques jours avec le Malka des lions, véritable légende vivante, mais légende qui vieillit et s’interroge sur le sens de la vie.

La critique Nelfesque: Dans ce quatrième tome du Chat du rabbin, Sfar nous emmène à Oran et à Alger dans un "Paradis terrestre" qui peut se découper en deux parties.

La première partie est située à Oran et centrée sur le Malka des lions et ses réflexions face au vieillissement. Lui qui veut être admiré, fasciner le monde avec ses histoires, comme il l'a toujours fait, se rend compte qu'il est une légende de moins en moins vivante. Il constate qu'à son contact, les gens sont déçus et il le vit mal. Cette partie est une réflexion sur l'amour, l'amitié, l'honneur et la mort. Tout un programme!

La seconde partie, à Alger, nous transpose en pleine Guerre d'Algérie où les discours antisémites tiennent le haut du pavé. Des hommes cherchent à enrôler la jeunesse juive dans la guerre alors que le rabbin prône toujours l'amour et la prière. Cette partie nous fait nous interroger sur la nécessité de la guerre. Qu'a à gagner l'homme qui se bat?

De nouvelles questions dans ce tome toujours empli de spiritualité qui nous font réfléchir sur le sens de la vie. Que l'on soit juif ou non...

A lire également:
"Le Chat du Rabbin - La Bar-Mitsva" tome 1
"Le Chat du Rabbin - Le Malka des lions" tome 2
"Le Chat du Rabbin - L'Exode" tome 3

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mardi 23 février 2010

"L'ombre du vent" Carlos Ruiz Zafon

OmbreDuventL'histoire:

Dans la Barcelone de l'après-guerre, par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon -Daniel Sempere, le narrateur- dans un lieu mystérieux du quartier gothique: le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant est ainsi convié par son père à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération: il doit y "adopter" un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets "enterrés dans l'âme de la ville": L'Ombre du vent

La critique de Mr K:

Il y a quelques semaines, j'étais tombé sous le charme de cet auteur espagnol avec son second livre: Le jeu de l'ange. Il m'avait été offert par mes padres qui avait adoré la première oeuvre de Zafon que je chronique ici. Résultat: une deuxième claque dans la tronche!

On retrouve dans ce volume, l'amour de Zafon pour ses personnages qu'il cisèle à merveille. Une fois de plus, ce n'est pas le héros qui m'a le plus marqué. J'ai adoré le personnage de Fermin: compagnon à la fois sage et haut en couleur de Daniel, opposant au Franquisme, amateur de bonnes et belles choses. J'ai retrouvé des figures féminines tragiques (un peu à la Racine), Béatriz et surtout Pénélope. Autre personnage que j'ai particulièrement apprécié, celui de Fumero, flic fasciste implacable à la fêlure intime qui m'a fait irrésistiblement penser au personnage qu'incarne Tchéky Karyo dans le film "Doberman" de Jan Kounen. C'est le genre de personnage qui dans un livre, dès qu'il fait son apparition, fait froid dans le dos, inquiète et disons le franchement fait flipper le lecteur. Comme quoi, la lecture a encore de beaux jours devant elle quand on voit les similis méchants que nous livrent parfois certaines hypers productions hollywoodiennes dépassant le milliard de dollars de recette. Fumero m'a marqué et je ne suis pas près de l'oublier.

Autre point fort du livre, l'évocation de la Guerre d'Espagne puis de la société mise en place par Franco. Là encore, rien de frontal, mais des évocations au détour de descriptions de la vie quotidienne ou de réactions de certains personnages. Barcelone, son ambiance, ses drames et ses misères sont merveilleusement retranscrits. On est immergé et c'est très dur de lâcher ce livre. Certains l'ont préféré au "Jeu de l'ange", sans doute parce que l'effet de surprise n'y était plus. Je le dis tout de go, Carlos peut en pondre encore une dizaine de cet acabi, je serai toujours preneur! J'ai rarement été confronté à un auteur aussi talentueux pour distiller avec autant de finesse les joies et les malheurs de ses personnages. On s'y attache, on vit l'action avec eux, on rit parfois, on a mal au ventre plus souvent... Pour ma part, j'ai toujours eu une petite préférence pour les histoires mélancoliques, digne reflet de la condition et de la nature humaine.

Un grand livre, un grand auteur. Que dire de plus...

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lundi 22 février 2010

Sanctuarisons le sanctuaire...

etats_generaux_REDUIT

Dessin de Goubelle tiré son blog

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dimanche 21 février 2010

1ère promenade côtière de 2010

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Hier, Nelfe et moi nous sommes levés et il faisait beau (et pas trop froid!). il y avait comme une odeur de printemps dans ce samedi naissant. Après un p'tit dèj expédié assez rapidement, nous prenons la Rolls de ma chère et tendre: direction la plage du Magouëro pas très loin de chez nous!

 

Soleil resplendissant dans un ciel parsemé de quelques moutons nuageux, la mer était belle et peu agitée. Pendant une heure, nous avons déambulé sur la sable de la plage, tout en mitraillant les paysages. Ici deux blockhaus dont l'un détruit par les bombardements alliés lors de la réduction de la poche lorientaise, là des dunes herbeuses à perte de vue, quelques maisons trahissant une occupation humaine.

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Ca fait du bien de prendre l'air après un début 2010 placé sous le sceau du froid et de l'humidité. Nous avons pris un bon bol d'air et nous avions le teint bien frais après cette incursion sur notre cher littoral. En plus, à cette période, il n'y a pas grand monde donc exit les chiards qui braillent, les nichons juvéniles, les touristes râleurs et autres joyeusetés inhérentes à la vie saisonnière dans une région touristique.

 

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samedi 20 février 2010

"J'ai voulu porter l'étoile jaune" journal de Françoise Siefridt

_toileL'histoire: Le témoignage unique d'une jeune chrétienne, internée dans les camps français pour avoir porté l'étoile jaune.

C'est le jour même de l'ordonnance nazie imposant le port d'un insigne à tous les Juifs que Françoise Siefridt, une étudiante chrétienne de dix-neuf ans, décide d'arborer l'étoile jaune avec l'inscritpion "Papou", pour en dénoncer le caractère barbare et humiliant. Un geste de solidarité courageux qui lui vaut d'être aussitôt arrêtée par la police française. De juin à août 1942, au cours de son internement comme "amie des Juifs" aux camps des Tourelles puis de Drancy, Françoise Siefridt a tenu un Journal dans lequel elle rapporte les scènes poignantes dont elle a été témoin.

La critique Nelfesque: Voici là une lecture dure et éprouvante. Ce Journal de Françoise Siefried relate 86 jours de sa vie, privée de liberté et témoin "privilégié" d'un morceau de notre Histoire qu'il est encore aujourd'hui difficile de concevoir tant des actes abjectes et immoraux ont été perpétré. Jugés totalement injustes et injustifiés autrement que dans des cerveaux malades, des actes de résistance ont fort heureusement émergé çà et là. Certains en ont payé de leur vie, d'autres, comme Françoise Siefridt, ont été "seulement" arrêté. De cet internement ressort aujourd'hui ce Journal qu'elle a tenu sur un petit cahier d'écolier.

Cette jeune femme de 19 ans portait l'étoile juive "amie des Juifs". Pour ce délit, cet acte de soutien et de solidarité, elle a été arrêté. Son journal commence ici. S'en suit une incarcération au camp des "Tourelles" où Juifs, amis des Juifs et "politiques" (communistes pour la plupart) sont regroupés dans l'attente d'un transfert au camp de Drancy, l'antichambre d'Auschwitz. Ce journal, très court, de 68 pages ne laisse que très peu transparaître les émotions et protestations de cette jeune fille. Sans doute craignait-elle de se le voir retirer et risquer ainsi bien pires traitements.

C'est donc de manière pudique que cette étudiante  d'hypokhâgne relate les faits de cette étape précurseur des camps d'extermination. Une sorte de "no man's land" où règne la peur et le doute mais aussi l'espoir et l'attente. Sa foi ainsi que ses amitiés, malheureusement de courtes durées, avec ses compatriotes de coeur, l'ont aidé à traverser ce lourd moment dont certains ne sont pas revenus...

Le journal est précédé d'une longue préface qui, bien que remettant dans le contexte le témoignage de Françoise Siefridt, se révèle être lourd et indigeste. Voulant vraiment lire ce livre du début à la fin, j'ai dû me faire violence pour ingurgiter 81 pages remplies de dates et de noms propres. Toutefois, celles-ci mettent l'accent sur les réactions de l'Eglise Catholique de l'époque et permettent de nous éclairer sur les textes officiels souvent occultés ou très vite balayés.

La postface, quant a elle, décripte le Journal en ressituant certains personnages présents dans ce dernier et nous apporte quelques éléments de réponse sur la vie de Françoise Siefridt. Très intéressant. Les annexes sont aussi, à mon sens, très utiles.

"J'ai voulu porter l'étoile jaune" est donc un livre/témoignage qu'il est bon d'avoir lu pour ne pas oublier et continuer de résister face aux mouvements extrémistes menant inévitablement à des actes lugubres et inhumains. Et ce partout dans le monde.

jeudi 18 février 2010

"Harry Potter et la Coupe de Feu" J.K. Rowling

HP4L'histoire: Harry Potter a quatorze ans et il rentre en quatrième année au collège de Poudlard. Une grande nouvelle attend Harry, Ron et Hermione à leur arrivée: la tenue d'un tournoi de magie exceptionnel entre les plus célèbres écoles de sorcellerie. Déjà, les délégations étrangères font leur entrée. Harry se réjouit... Trop vite. Il va se trouver plongé au coeur des évènements les plus dramatiques qu'il ait jamais eu à affronter. Fascinant, drôle, bouleversant, ce quatrième tome est le pilier central des aventures de Harry Potter.

La critique Nelfesque: Pour le coup, je suis tout à fait d'accord avec la dernière phrase de la quatrième de couverture. On sent bien le virage qu'amorce la saga Harry Potter. Ce tome 4 est un tome charnière. Un grand évènement se produit (y a-t-il encore des gens qui n'ont pas lu les livres ou vu les films? dans le doute, je vais essayer d'éviter de spoiler) qui va changer la face du monde de la magie.

Ce tome commence sur les chapeaux de roue. Exit la longue litanie sur les Dursley, la vie de Harry chez son oncle et sa tante vraiment-trop-méchants. C'est bon on a compris, pas la peine d'en rajouter et c'est ce que fait l'auteure. J'ai apprécié rentrer directement dans le vif du sujet. Dès le premier chapitre de ce "Harry Potter et la Coupe de Feu" on se retrouve happé par l'histoire.

S'en suit, la coupe du monde de Quidditch. A ce moment là je me dis "Roooo non pas ça pitié". Je n'aime pas le Quidditch... En fait, ce n'est pas que je n'aime pas le Quidditch mais disons que les commentaires sportifs m'ennuient (c'est aussi pour cette raison que je regarde très peu de sport à la TV)... Heureusement, très vite ce n'est pas vraiment le Quidditch qui est au centre des premiers chapitres mais tout ce qui l'entoure. La préparation de la coupe du monde, les campings moldus reconvertis en camps de rassemblement pour sorciers, les nouveaux personnages...

Les évènements s'enchainent, on n'a pas le temps de souffler. Pauvre Harry Potter, il s'en passe des choses dans sa vie... Il a vraiment pas de bol!

L'évolution des personnages est ce qui m'a le plus plu dans ce tome. Ils grandissent et leurs rapports se complexifient. Les sentiments amoureux font leur apparition, la jalousie aussi. Ron et Harry se fâchent et j'ai trouvé ce passage vraiment très triste. On n'a pas envie que ça arrive mais on sent bien que c'est inéluctable. Hermione est beaucoup moins "mademoiselle je-sais-tout horripilante" dans ce tome (maintenant que j'y pense je n'ai pas râlé sur elle une seule fois! c'est un exploit!). Le personnage de Rita Skeeter, journaliste à la Gazette du sorcier a pris le relais! Quelle tête à claque celle-là!

Et puis il y a le déroulement final après la dernière tâche du tournoi des trois sorciers où vraiment j'ai été cueilli. J'avais bien une idée en tête mais je me suis faite avoir. Je ne sais pas si il est possible de deviner la fin d'un "Harry Potter"... En tout cas je n'ai pas réussi! A chaque rebondissement final je me disais "c'est vraiment n'importe quoi! ca arrive comme un cheveux sur la soupe, c'est pas crédible!". Et puis quelques lignes plus loin tout prend un sens et on est vraiment comme de grands enfants la mâchoire pendante et le regard halluciné (la fille qui exagère à peine).

J.K. Rowling est décidément très forte...

hedwige"Harry Potter à l'école des sorciers"
"Harry Potter et la chambre des secrets"
"Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban"

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