In_the_air_afficheL'histoire: Ryan Bingham est un collectionneur compulsif de miles aériens cumulés lors de ses incessants voyages d'affaire. Misanthrope, il adore cette vie faite d'aéroports, de chambres d'hôtel et de voitures de location. Lui dont les besoins tiennent à l'intérieur d'une seule valise est même à deux doigts d'atteindre un des objectifs de sa vie : les 10 millions de miles.
Alors qu'il tombe amoureux d'une femme rencontrée lors d'un de ses nombreux voyages, il apprend par la voix de son patron que ses méthodes de travail vont devoir évoluer. Inspiré par une nouvelle jeune collaboratrice très ambitieuse, celui-ci décide que les licenciements vont pouvoir se faire de manière encore plus rentable, via... vidéo conférence. Ce qui risque évidemment de limiter ces voyages que Bingham affectionne tant...

La critique Nelfesque: J'ai lu le livre du même nom il y a peu c'est donc avec encore dans l'esprit la trame du roman que je me suis rendue au cinéma. J'avais entamé cette lecture après avoir vu la bande annonce du film ayant très envie d'aller le voir. Déception concernant le livre puisque la trame de l'oeuvre différait beaucoup de celle du long métrage. En fait c'est plutôt l'inverse si on y réfléchit bien...

Mis à part les avions et le boulot de Bingham, le film "In the air" n'est pas vraiment fidèle au livre. C'est le moins que l'on puisse dire et, franchement, c'est tant mieux! Le point fort du film est l'accent mis sur l'activité professionnelle du personnage principal: organiser des licenciements et participer à des colloques de conseil en efficacité managériale. Là où le livre ne faisait que les effleurer au court d'échanges entre "voyageurs professionnels", le film montre de longues scènes cruelles où Bingham se montre froid et professionnel. Il semble ne pas avoir de sentiments, seulement guidé égoïstement par son mode de vie fait d'hôtels et de kilomères parcourus dans le seul but d'éviter de rentrer chez lui et comptabiliser des miles. Là où je trouve que le film perd par rapport au livre c'est que dans ce dernier Bingham est vraiment obsédé par ses points, comme si sa vie en dépendait. Dans le long métrage, c'est juste une lubie...

Des histoires "bleuettes" ont été rajouté au film. Cette histoire avec Alex, qui va le faire craquer et laisser de côté (du moins un temps) sa vie de "baroudeur privilégié", est absente du livre. Alex existe mais sous une autre forme. Sans doute ont-il voulu faire sourire ce beau George. Après tout what else! Et why not! Ce n'est pas moi qui m'en plaidrais.

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Le gros rajoût du film est le fait que sa société veuille instaurer une nouvelle méthode de travail par vidéo conférence. Dans le même objectif, le personnage de Natalie, sa "méchante" collègue, ancienne étudiante en psycho, qui a eu la bonne idée de vouloir virer les gens à coup de webcam qu'il trimballe dans son quotidien a aussi été rajouté. Par ce biais, est très bien illustrée la démarche ultra-libérale dans le milieu du travail américain. La façon froide, calculatrice et guidée par le porte-monnaie qu'ont les patrons de traiter leurs employés comme des kleenex.

Seul bémol à mes yeux: la fin, beaucoup trop démago à mon goût qui consiste en gros à dire que finalement seul l'amour compte... Mouais... Une scène d'interview de personnel fraîchement "remercié" faisant le pendant avec l'ouverture du film nous montre des personnes certes abattues par leur licenciement mais éclairé par l'amour de leur conjoint/famille/amis... Mouais²...

Mis à part cette fin, le film se tient. Il est très agréable à regarder (inutile que j'en rajoute une couche sur Clooney? Si?), les acteurs sont justes, les propos sont durs mais on sourit souvent face aux bons mots et situations cocasses. La BO est sympa aussi et le générique visuellement très graphique n'est pas sans rappeller de vieilles séries américaines.

Autant je ne vous conseillerai pas le livre, autant le film, pour son propos dénonciateur oui!

En conclusion, on vit vraiment dans un monde de merde...

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La critique de Mr K: 4/6, une séance bien sympathique ma foi! Et pourtant, j'y allais en vierge effarouchée: je n'avais pas lu le livre. Vu l'avis mitigée de ma comparse je crois que je ne passerai pas à l'acte. Par contre, la bande annonce nous avait bien plu... Et puis George, ça ne se refuse point. Réalisateur doué et surtout il incarne à mes yeux la "classe américaine", représentant actuel d'anciens vieux fusils dont Cary Grant.

Pendant la projection, le spectateur passe par plusieurs stades émotionnels. On suit avec tristesse la valse des licenciements et son cortège de vies amochées voir brisées et dans ces passages on ne peut que détester le personnage du King George tant sa distance vis à vis de ce qu'il provoque fait froid dans le dos. C'est l'occasion pour le réalisateur de "Juno" de piquer là où ça fait mal. Cependant, Ryan Bingham ne peut se résumer à ce requin. C'est un homme au mode de vie solitaire, égoïste et finalement touchant de par la souffrance qu'il endure (sans qu'il s'en rende finalement compte). Clooney, dans ces moments là, range le sourire "Email diamant" (il en abuse parfois mais franchement on lui pardonne) et nous offre un personnage acculé dans une logique qui le dépasse. Les caméos des licenciés sont prenants et remarquablement joués, les seconds rôles ne sont pas en reste: mention particulière pour sa relation avec Alex (jolie et maligne). La fin m'a un peu déçu, on tombe dans une fin à l'américaine plutôt prévisible.

Un bon film que je recommanderai tout particulièrement aux fans de George, aux amoureux des voyages aériens et à tout ceux qui veulent découvrir un personnage complexe, toujours entre deux rives, attachant et rebutant parfois. Décidément, en matière de cinéma, 2010 commence plutôt bien.