aldebertHier soir nous étions à Quéven pour assister au concert d'Aldebert, aux Arcs.

C'est sous la neige que nous avons pris la voiture. A 50km/h sur la route express, on a joué les escargots en sortie. Pour voir Aldebert, rien ne nous arrête! Dans la salle, les petits bambins et leurs parents nous entourent. Peu de personnes sans enfants. Il faut dire aussi que ce concert fait parti  de la tournée de l'album "Enfantillages" qui s'adresse en priorité aux petits.

La scène est jonchée de pelluches et jouets en tout genre. Des jouets intemporels: nounours aux oreilles de lapin, petits éléphants bleus sur le pied pelluché du micro, guitare gonflable... et jouets d'anciens enfants trentenaires aujourd'hui: messieurs patates sur le clavier, schtroumpf sur la batterie, spiderman également, 6PO de "la guerre des étoiles" peint sur un meuble... Pas de doute, c'est bien un trentenaire qui va jouer ce soir. Cette petite nostalgie nous ravit, nous autres spectateurs de la même génération. Pas de "Charlotte aux fraises" ou autre "Hello Kitty", pas plus de "Pet Shop'". Avec Aldebert, on est loin de l'actualité commerciale et c'est tant mieux! Les enfants n'ont pas eu l'air traumatisé pour autant!

Le concert débute avec un Aldebert vétu d'un pantalon noir et d'une veste à jabot rouge (un Claude François sans pattes d'eph en somme) qui arrive devant nous sur un skate. Le ton est donné, on est pas là pour tirer la tronche! Commence alors "J'ai peur du noir" avec des projections de dessins illustrant les paroles de la chanson. "Bonsoir les petits, les moyens et les grands enfants!" nous sommes ici ce soir pour fêter un anniversaire, les 99 ans de "Super mamie" qui apparaît en ombre chinoise derrière une toile blanche. La salle se transforme ensuite en soucoupe volante, les ingé son et lumière en guise de pilotes, et nous nous envolons à travers l'espace afin de voir la Terre de haut et prendre conscience de la pollution humaine avec "Monsieur Toulmonde" et une projection de photo hélas bien réelles. Après une tentative de berceuse, Aldebert se coiffe d'un chapeau de cowboy et entame "La remueuse" qui fonctionne effectivement très bien sur les petits qui se mettent à danser comme des fous dans les travées de la salle. "Pour louper l'école", chanson de revendication enfantine, se transforme en manif' avec banderoles "On veut pas y aller, on préfère rester coucher". Aldebert parcourt la salle avec un hygiaphone et incite les enfants à l'insurrection. Très efficace en membre actif de la CGT, la salle scande des "Haut les mains peau de lapin, la maîtresse en maillot de bain". 

"Les oiseaux dans les grands magasins" arrivent ensuite dans les écrans pour la chanson du même nom. Les nuits au Carrouf se transforment en discothèque et Aldebert nous invite à nous lever, sous la boule à facettes, pour entamer une chorégraphie endiablée coiffant au poteau "la danse des canards". Le bassiste posant beaucoup trop de questions, Aldebert poursuit avec "Les questions" et n'en pouvant plus est pris d'un fou rire. On nous présente ensuite le chat "Pépette" qui a failli finir au stand merchandising sous forme de manteau en poil de Pépette. Son immense liste au père noël ressemblant à un botin téléphonique sert d'introduction à la chanson dédiée à ce gros monsieur tout de rouge vétu: "Et si c'était les marmots". Mais à la question "Et si c'était les marmots qui pour une fois te couvraient de cadeaux?" la réponse semble être unanime dans la salle "Ben non c'est nul!". Ca, c'est fait...

concert_enfantillagesUne petite fille est conviée à monter sur scène pour nous raconter le rêve le plus bizarre qu'elle ait fait. Pourtant très motivée pour y aller, elle semble beaucoup moins loquace une fois à côté d'Aldebert qui prend un malin plaisir à la laisser marner "Tu te souviens plus? ... c'est pas grave on va attendre...". Dur moment d'humiliation pour cette gamine de 4/5 ans mais bon moment de rire pour nous qui sommes des gros sadiques! Tout naturellement, nous enchaînons avec "Quelle histoire de fou" qui nous raconte le rêve vraiment bizarre d'Aldebert. Le claviériste s'étant endormi à la fin de cette chanson (non vraiment, ça ne se fait pas!) nous le réveillons en sursaut avec le cri le plus affreux que nous pouvons faire et pour le punir le public est invité à lui donner un gage. Après avoir entendu à peu près tout et n'importe quoi, Aldebert veut qu'il fasse le tour de la salle, dehors, en caleçon puis qu'il se mette tout nu et fasse du skate-board sous la scène pour ensuite chanter du Chantal Goya en wolof (non, non, il n'est décidément pas sadique! Pourquoi?). Cela ne parraissant pas faisable, il doit donc nous expliquer scientifiquement comment on fait les bébés. Pour ce faire, il se transforme en Professeur Touffe (avec blouse de labo et perruque touffe des plus saillantes!). Le Professeur Touffe nous explique donc que les bébés sont commandés par les parents sur le site jecommandemonbébé.com pour être livré 9 mois plus tard par un livreur qui se déplace sur dos de chatvion, un chat ailé qui traine une soucoupe volante dans laquelle sont fabriqués les bébés de façon industrielle avant d'être parachutés pile poil dans les bras des parents demandeurs. Les enfants n'ont pas l'air convaincu de l'explication mais les adultes sont morts de rire. Ce long tableau introduit bien entendu "Pas plus compliqué que ça".

Les musiciens et techniciens sont ensuite présentés les uns après les autres sous forme de recettes de cuisine avec projection de leurs photos quand ils étaient petits. Très original et bien en phase avec le spectacle. Là dessus, ils sont obligés de sortir de scène, braqués par une petite fille en coulisse qui veut absolument leur parler. Face à un flingue, ils n'ont pas vraiment le choix...

La salle est surchauffée. Même les adultes, à la base pas très concernés par le thème de la soirée mais pris au jeu par la mise en scène et les petits clins d'oeil et ironies saupoudrés ça et là, redoublent d'effort pour faire revenir la clique sur scène. Nos efforts sont récompensés avec l'arrivée d'Aldebert en chanteur de métal coiffé d'une perruque très hard FM des années 80 et vétu d'un tee-shirt Rammstein. ACDC et Sépultura sont aussi à l'honneur et Mr K, qui attendait cette chanson depuis le début du concert n'est pas déçu de cette interprétation de "On m'a volé mon nin-nin!". "On ne peut rien faire quand on est petit" précède la sublime "Plus tard quand je serai grand" reprise en choeur par le public. "Les 2 ogres" clot le spectacle avec l'arrivée d'un des ogres qui ressemble étrangement au Professeur Globus d'"Il était une fois... la vie", poursuivit par une grosse partie des enfants du public qui finiront sur scène.

Nous sortons de la salle, la neige tombe toujours. Galvanisés par l'ambiance de la soirée et avec 6 ans d'âge mental nous finissons la soirée avec une bataille de boules de neige. On ne pouvait trouver meilleure issue à cet excellent moment régressif, où l'on oublie qu'on a 30 ans et où l'on s'extasie devant le spectacle finement ficellé par Aldebert et ses musiciens. Un concert à voir donc si vous avez gardé votre âme d'enfant, quitte à braver la neige!