affiche2012L'histoire (sic): On va tous crever sauf ceux qui ont de la thune!

Critique de Mr K: 1/6, assurément le nanar de l'année le charme en moins! Pendant plus de 2h30 mon beauf et moi avons beaucoup ri (jaune évidemment), lorsque le morceau de musique final a débuté ("pop-soupe" à la mode) et que la salle s'est illuminée, nous avons pris conscience d'avoir assisté à l'Armaggedon de ce que peuvent produire les grands studios US: scénario grotesque tenant sur une feuille d'OCB, acteurs qui en font des tonnes, le tout soupoudré d'une propagande pro-américaine marque de fabrique il est vrai d'Emmerich, célèbre pour son "film-catastrophe (hic) " Independance day. Honnêtement, on ne s'attendait pas à voir le film du siècle mais un bon divertissement sans prétention et son précédent métrage Le jour d'après était plutôt sympatoche.

Le bilan n'est pas brillant. Je lui accorde un point pour les effets spéciaux et encore... Ca sonne faux notamment lors des destructions urbaines et on a plus l'impression d'assister à la démo d'un jeu vidéo (je suis de ceux qui pensent que sans les jeux vidéos, le cinéma n'aurait jamais eu autant d'idées en matière de scènes reconstituées par ordinateur). Alors soit, ça pète de partout mais on y croit pas une seconde. Problème...

"Mais Mr K, le cinéma s'est fait pour rêver" me diront certains. Perso, ça ne me fait pas triper de suivre les péripéties d'ersatz de personnages à peine ébauchés déjà balancés à la poubelle (papa d'Adrian, le président US, la famille indienne...). Tout cela pour entretenir la pseudo sacro-sainte émotion, aucune catarsis de mon côté: ils peuvent tous crever, rien à foutre tant ça sent le réchauffé. Ne parlons pas de l'indigence des scénaristes (ils se sont mis à plusieurs pour le pondre, ça fait peur!), exemples: le réseau de téléphonie est bloqué sur l'ensemble de la planète, le pote indien du héros trouve réussi à l'appeler avec son portable pour lui dire qu'il n'a pas eu son avion et qu'il s'apprête à se manger une vague d'un kilomètre sur le coin de la tronche, l'ex femme en un  temps record fait des reproches à son ex, le trouve pas si mal, perd son nouveau mari et retourne avec l'ancien (en une journée de temps réel!), la fin se terminant sur un lever de soleil: R.I.D.I.C.U.L.E! Y'en a plus d'une dizaine comme ça!

2012_090817_02Les images sont belles mais les personnages ne sont que des caricatures. Danny Glover campe un président US qui se sacrifie, adepte des paroles consensuelles et lourdes de relents baptistes (d'ailleurs le lobby baptiste s'en donne à coeur joie, le film montre très clairement la mort du pape considéré comme un gourou de secte par nombre d'américains), le héros est plat, sans envergure rien de ce qu'il entreprend ne surprend vraiment le spectateur, Thandie Newton reste certes une des plus belles actrices du monde mais qui ici se révèle nominable à l'oscar de la plante verte tant elle se contente de nous servir son regard perdu et épleuré (elle était bien mieux dans Urgence!)... tout le reste du casting est du même acabit, y compris Woody Harrelson qui nous fait son numéro de félé déjà vu et en bien mieux dans Tueurs nés d'Oliver Stone. Le pompon revient au deuxième héros du film, un afro-américain géologue qui va sans le vouloir faire rire une bonne partie de la salle en déclamant une ode à la solidarité propre à l'espèce humaine pour laisser les gens restés à quai des arches (oups! j'ai spoilé!) rentrer dans les navires... sauf que ces fameux quidam sont pétés de thune! Que dire de toutes les personnes mortes dans cette catastrophe: c'est-à-dire les pauvres? Quantité négligeable sans doute... Et puis ils ne peuvent s'acheter la Bentley à détection vocale qui déconcentre le héros alors que la fin est proche... Du bling bling tout ça je vous dis! C'est dans l'air du temps... On aperçoit les pauvres, les déshérités, le peuple errant les habits en haillon, le visage couvert de larmes en tout et pour tout 10 min dans le film (vaut mieux vu qu'on atteint des sommets de niaiserie malsaine). Les fameuses scènes de dégâts ne concernent quasiment que les USA sauf quand il s'agit de dézinguer le souverain pontif à Rome. C'est essentiellement des américains qui sont mis en scène (alors que c'est la fin du monde tout de même!) et du coup, ce sont leurs valeurs qui sont véhiculées dans ce film. Valeurs martelées avec peu de finesse et surtout, beaucoup d'hypocrisie.  À signaler pour terminer la mise à mort, la quasi totale absence de cadavres à l'écran et de réelle représentation de la souffrance, un comble quand il s'agit de décrire la fin des temps... Quant à l'idée de fin, elle me semble déplacée et moralement intenable vu la façon dont nous occidentaux considérions et considérons encore aujourd'hui l'Afrique (je n'en dirai pas plus pour éviter de révéler trop de choses...)

Bref bref bref... à mes yeux un film à classer dans la catégorie NNN: Navrant, Niais et Néo-fascisant. Fin du monde et cinéma font vraiment mauvais ménage, mieux vaut se tourner vers la littérature SF pour en avoir un aperçu plus réaliste donc traumatisant. 2012 rime avec bouse... quelle belle langue que le français!