mirror_mirrorA la vue de la pochette du dernier album de Ghinzu, on s'attend à un joyeux bordel, un champs de bataille musical, un univers plein d'énergie. A l'écoute, on est plus modéré.

"Mirror Mirror"
est le 3ème album de ce groupe déjanté en provenance de Bruxelles. Le cap du 3ème album est toujours délicat. Pour les journalistes, les premiers sont considérés comme une révélation, les seconds confirment ou déçoivent et les 3ème sont souvent ceux de la maturité. Que dire de "Mirror mirror"? Est-ce l'album de la maturité de Ghinzu? Une chose est sûre, il tranche radicalement avec son prédécesseur, le sublimissime "Blow" aux envolées prog' et à la charge émotionnelle importante. Par ce fait, il peut décontenancer les addicts du groupe. Là où "Blow", il y a déjà 5 ans, nous faisait planer et nous prenait aux tripes, "Mirror mirror" nous ramène sur terre...

Exit les solos de piano, pourtant marque de fabrique de Ghinzu et évocateurs pour l'auditeur. Place à un rock plus conventionnel mais tout de même efficace. Tour à tour kraftwerkien dès l'ouverture avec "Cold love", très inspiré de "Enjoy the silence" de Depeche Mode sur un "Take it easy", très probablement futur tube radio, et patiné de Franz Ferdinand ou encore The Strokes sur des titres comme "Mirror mirror", cet album surprend par son côté skyzophrénique passant de l'hyperactif brut au calme relaxant. La rythmique se fait plus appuyée, les sons saturés et les claviers en retrait. Nous retrouvons tout de même la douceur du piano hypnotique et la patte de Ghinzu sur des titres comme "Dream Maker".

"Mirror mirror", bien qu'en dessous de "Blow", reste tout de même un bon album de rock dont les titres s'accomodent très bien en live grâce à l'énergie de John Stargasm. En attendant, il s'écoute avec plaisir dans différentes situations tant il revêt différentes facettes. Pas l'album de l'année, ni la méga claque attendue par certains mais une bonne galette énergique et tonifiante.