jeudi 30 juillet 2009
Les percus de Nostang
Bon OK... on poste un peu en retard mais c'était juste le week-end avant notre départ pour le sud! Donc, on est allé faire un tour au festival Percussions du monde qui se tient tous les ans sur Nostang dans le 56. Nous n'avons participé qu'à la deuxième journée vu que la première était placée sous le signe du reggae et que le reggae et nous, ben... comment dire... ça passe pas des masses pour rester poli. Par contre, la programmation du samedi était assez alléchante avec notamment Tony Allen et Ba Cissoko.
C'est avec notre Yannoche national (toujours célibataire à propos mesdames) et Kat et Thrash (oui mon compagnon de route -aux cheveux longs et soyeux- sur les éditions du Hellfest 2007 et 2008) que nous nous présentons à l'entrée du festoche vers les 18h. Il n'y a pas foule et l'entrée se fait rapidement. Les mecs de la sécu sont pas de gros nerveux et nous sommes vites dans la place. Soulagement premier, y'a des bars et de quoi manger. Ok la musique c'est important mais faut pouvoir se substanter afin de mieux apprécier les concerts... Des toilettes sèches écolos (c'est la mode dans ce type de rassemblements) et une série de boutiques type commerce équitable et T-shirts pour Djembé man et tous ses amis (voir la chanson des Fatals Picards). L'ambiance est donc décontractée et propice à la relaxation la plus profonde, certaines fumées "odorifiantes" sont d'ailleurs là pour nous le rappeler.
La parade des géants: C'est ce que l'on a pu voir en premier en arrivant sur le site. il s'agit de marionnettes géantes à forme humanoïde dirigées par une ou plusieurs personnes qui se déhanchent au rythme de percus. Très sympa, la troupe faisait figure de "fil rouge" entre les différents concerts se déroulant sur la scène principale en alternance avec le collectif de samba Yolande Do Brasil (sympa une fois mais vite gonflant).
Luma et So Do Samba: nous a emmené dans un voyage vers les racines africaines de la musique Brésilienne de Salvador de Bahia en hommage au premier Bloco-Afro, le légendaire Ilé Aiyé. Musique des descendants d'esclaves festive et exigente, les musiciens se sont révélés excellents, le concert tout sauf redondant (ce que je craignais au premier abord étant peu féru de samba brésilienne). On retrouve sept percussionnistes survoltés sur scène et la voix grave et sensuelle de Luma (originaire de Sao Paulo), une voix unique et pour ne rien gâcher plutôt agréable à regarder... C'est du moins ce que je pense vu le nombre de "mâles" qui semblaient hypnotisés pendant le set, les yeux écarquillés et la bave au coin des lèvres (j'éxagère peut-être un peu là...).
Chérif M'Baw: pas grand chose à retenir sauf qu'il déclarait sa flamme à Nostang à tout bout de champ: "I love you Nostang". Certes le concert est carré, les musiciens pas mauvais mais nous n'avons pas été "transportés" et c'est avec un certain soulagement que nous avons accueilli la fin du concert.
Tony Allen: Enfin, il est là! Je dois avouer que c'est l'attraction de la soirée pour moi et je l'attendais avec impatience (je vous la présenterai un jour si vous êtes sages). Je n'ai pas été déçu et j'ai effectué par la même occasion un petit voyage dans le temps à l'époque où mes chers parents mettaient du Fela Kuti dans le salon et où je faisais des concours de danse avec ma sister chérie.
Tony Allen fut l'alter ego et l'ami de Fela, l'un des deux éléments constitutifs de cette forme nucléaire baptisée afrobeat, cette formule alchimique propice à toutes les explosions. Sans Tony, pas si sûr que l'histoire prit le même sens, pas si sûr que l'afrobeat tint les mêmes cadences infernales, de celles qui vous montent des pieds à la tête. Selon Fela, Tony sonnait comme un seul homme, "comme quatre batteurs". Question de vibrations, d'énergies, d'intentions. Le concert est tout simplement magique, "100% prog" comme le dit si bien notre ami yannoche!
Ba Cissoko: Kimitan Cissoko dit Ba, leader du groupe familial Ba Cissoko est à l'origine d'une révolution dans l'art traditionnel africain : l'électrisation de la kora, petit instrument à cordes, représentatif du son de la tradition orale mandingue. Alliant tradition et modernité, cette idée de génie de ce guinéen issu d'une longue lignée de griots, lui a valu le titre honorifique de " JIMI HENDRIX africain " et lui a permis de parcourir les plus grandes scènes de festivals et lieux emblématiques de la world music à travers le monde.
C'est l'un des moments fort de cette journée, le préféré de Nelfe et Kat en tout cas! Forme charmeuse, musique hybride entre son années 70' et musique parfois tribale, le public ne se trompe pas et adhére totalement. Musique entraînante, aucunement caricaturale de l'Afrique, originale...
Horreur, malheur; la pluie s'invite, tout d'abord le crachin bien bretonnant... Même pas mal! Puis un véritable déluge s'abat sur le site! J'ai même cru voir passer une arche remplie d'animaux africains sur la route! Les concerts continuent mais le moral de notre petite troupe est attaqué et nous décidons de rentrer illico presto avant de nous liquéfier totalement et d'attraper un rhume ce qui est toujours dommage en plein été! Reste un festival fort bien organisé, chaleureux, à la programmation éclectique que je vous conseille d'aller découvrir dès l'année prochaine!
mercredi 29 juillet 2009
"Un bonheur insoutenable" Ira Levin
L'histoire:
Dans un futur qui n'est peut-être pas très éloigné, toutes les nations sont désormais gouvernées par un ordinateur géant, enfoui sous la chaîne des Alpes.
Les humains sont programmés dès leur naissance -du moins ceux qui ont été autorisés à naître- et sont régulièrement traités par des médicaments qui les immunisent contre les maladies, mais aussi contre l'initiative et la curiosité.
Il y a cependant des révoltés.
L'un d'eux, surnommé Copeau, va redécouvrir les sentiments interdits et d'abord l'amour. Il s'engage alors dans une lutte désespérée contre ce monde trop parfait, inhumain, qui accorde, certes, le bonheur à tous, mais un bonheur devenu insoutenable parce qu'imposé.
.
La critique de Mr K:
Voici mon avis sur un autre des livres que j'ai pu lire durant notre séjour dans les gorges du Tarn. Rappelons ici que l'auteur Ira Levin est surtout connu pour une oeuvre maîtresse dans le domaine du fantastique "Rosemary Baby" adaptée avec brio par Roman Polansky pour le cinéma. Dans cet ouvrage, Levin se replonge dans le genre de la SF après un précédent livre intitulé "Les femmes de Stepford" très bien noté selon les sites d'amateurs de SF mais que je n'ai toujours pas lu (ça ne devrait pas tarder vu les qualités de l'oeuvre ici critiquée).
Ce livre se situe dans la droite ligne d'ouvrages déjà commentés dans ce blog à savoir "Le meilleur des mondes" et "L'oiseau d'Amérique", il se rapproche aussi énormément de "1984" d'Orwell. Disons le tout net, il ne dépasse pas ces oeuvres mais trouve sans rougir sa place sur les mêmes rayonnages! On retrouve l'idée d'une espèce humaine autrefois en perdition qui se retrouve régie par une forme larvée de totalitarisme (ici incarnée par l'ordinateur UNI) qui sous couvert d'égalité, pervertit et annihile la notion de liberté individuelle. Plongé dans une "prison dorée", chaque être humain voit sa naissance, sa vie, sa mort contrôlées: les pulsions et les velléités individualistes ont disparu pour laisser place à "la Famille". Chaque individu se voit attribuer un "conseiller" à qui il doit se confier sans réserve, notamment à propos de ses désirs, ses éventuelles pensées impropres et autres dérapages... Un traitement chimique est attribué à chaque début de mois afin de laisser les humains dans une espèce d'état d'hébétitude permanent. Contrôle des naissances, eugénisme, mort programmée pour tous à 62 ans, bracelet obligatoire servant à pister les déplacements de chacun et celà en permanence, 4 prénoms au choix pour les nouveaux nés seulement avec un matricule (ainsi le héros, surnommé Copeau par son grand-père maternel, s'appelle en réalité LI RM35M4419). Quant aux "incurables" (ceux qui tentent de vivre à l'ancienne, période dite "pré-UNI"), tout est mis en oeuvre pour les "aider" et les remettre dans le droit chemin.
Toute cette nouvelle société et ses fondements sont explorés à travers les yeux de Copeau depuis sa naissance à l'acte final. Personnage rebelle, en formation durant tout l'ouvrage, il est le révélateur que quelque chose ne tourne pas rond et que le bonheur ambiant est factice et cache quelque chose de peu recommandable. A la manière d'un thriller ou de la dégustation d'un mille-feuilles, le lecteur éberlué entrevoit la vérité petit à petit et reste sous le choc d'une révélation finale bien d'actualité sur la nature profonde de l'être humain (attention, livre pessimiste!) et son irrésistible besoin d'être contrôlé (religions, utopies et idéologies).
Très bon livre donc que celui-ci tant la langue et les idées développées me touchent et font mouche. Malgré le temps qui s'est écoulé depuis son écriture, le message reste toujours contemporain. Cet ouvrage est très abordable et est à conseiller à tout le monde y compris aux néophytes. A lire donc!
mardi 28 juillet 2009
Du Figuratif à Périgueux
Depuis le 18 juin et ce jusqu'au 11 septembre, se tient à Périgueux, une exposition intitulée "De la couleur au trait, 40 ans de Figuratif". Nous nous y sommes rendus hier et nous avons été agréablement surpris par la richesse de cette exposition. Certes, il s'agit d'une petite expo (nous ne sommes pas à Paris) mais les 29 artistes français présents nous proposent des oeuvres d'une grande qualité.
Cette expo s'inserre dans une thématique, intitulée "Woodstock 69/40", regroupant différents spectacles, expositions, films, performances, lectures, rencontres... autour des thèmes "contre culture et psychédélisme". Durant tout l'été 2009, pour les 40 ans de Woodstock, plus d'une soixantaine de rendez-vous festifs sont programmés dans tout le département de la Dordogne. Non seulement, il nous ait donné à voir et à entendre des oeuvres et des artistes marquants d'une période charnière et mythique du 20ème siècle, mais aussi et surtout, l'intérêt de cette organisation est de donner la parole à leurs héritiers, qui démontrent par leur créativité, l'actualité et la pertinence de l'impertinence et de l'esprit novateur de leurs aînés.
Si vous êtes dans le coin, renseignez-vous. Il y a de quoi faire!
Mais revenons en à l'expo "De la couleur au trait". Les différentes oeuvres proposées vont de la Figuration narrative (avec Rancillac, Klasen, Monory, Erró) à la jeune génération (Rebecca Bournigault, Damien Deroubaix) en passant par la Figuration libre (Combas, Di Rosa, Boisrond...) et le street-art (Miss.Tic, Jérôme Mesnager).

Erit Liot
Avec cette exposition, nous voyageons à travers les univers de la peinture politico-satirique de Daniel Authouart ou de Kosta Kulundzic, urbaine et robotique de Kriki, symbolique et hallucinée d’Eric Corne, en passant par le monde ludique et fantastique de Fabien Verschaere, à tendance manga ou icônique de Taling et d’Eric Liot, ou le trait poétique de Françoise Pétrovitch.

Jacques Monory
"De la couleur au trait" passe encore par la vitalité féministe et l’art du détournement de Dominique Fury, la dimension violente et onirique du jeune Joseph Camara, ou le rapport à l’espace non narratif bien particulier de Charlotte Beaudry et de Luna.

Dominique Fury
Expo en entrée libre, vous n'aurez donc aucune excuse pour ne pas y aller!
Daniel Authouart

Joseph Camara
lundi 27 juillet 2009
On est si peu de chose...

Strip tiré du site de Goubelle
dimanche 26 juillet 2009
Do you want a cup of merde?
L'histoire:
Nom : Paul West. Age : 27 ans. Langue française : niveau très moyen. Fonction : jeune cadre dynamique promis à un grand avenir. Occupation : déjouer les pièges potentiellement désastreux du quotidien français. Hobbie : lingerie féminine. Signe particulier : Paul West serait le fruit d'un croisement génétique entre Hugh Grant et David Beckham.
Jeune Britannique fraîchement débarqué à Paris, créateur, en Angleterre, de la fameuse enseigne Voulez-Vous Café Avec Moi, Paul a bien du mal à s'adapter au pays des suppositoires, des grèves improvisées et des déjections canines. Et il n'est pas au bout de ses surprises...
La critique Nelfesque: Si vous cherchez une lecture de vacances, STOP!!!! Vous avez trouvé. Dans le pur style anglais, ce livre de Stephen Clarke, de son vrai nom "a year in the merde", est très drôle et venge nos amis d'outre manche de toutes les idées reçues que nous véhiculons sur eux en France. Cette fois ci, c'est à notre tour d'en prendre pour notre grade! Mieux vaut savoir rire de soi-même et de nos compatriotes avant de se lancer dans cette lecture...
Paul, débarque fraîchement d'Angleterre et s'installe dans la ville lumière qui n'a de lumière que son nom... Il y a beaucoup trop de crottes de chiens sur les trottoirs, sans parler des prix exorbitants pratiqués dans les cafés de la capitale (serait-ce dû à sa tête de rosbif?). L'amour à la française il n'y comprend rien et aux femmes françaises encore moins. Les grèves à répétition, les effusions de "bonjour/bonsoir/bon appétit/bonne nuit/bonnes vacances...", les lourdeurs administratives, tout celà est nouveau pour lui.
Le style d'écriture n'est pas des plus littéraires mais plutôt oralisant, dans la lignée d'un Bridget Jones. La différence se trouve dans le fait que cette fois ci nous sommes dans la tête d'un homme et les centres d'intérêt sont différents (exit les recherches d'homme idéal et de robes parfaites). On suit avec plaisir les pérégrinations d'un anglais à Paris et on rit avec lui de toutes ces énormités qui font notre quotidien et auxquelles on ne fait pas attention.
A lire en été, entre la plage et le transat, sous le parasol, les pieds en éventail. De mon côté, "Merde actually" (le tome 2) est prévu au programme des prochaines lectures tant le 1er m'a donné envie d'en prendre encore plus dans la tronche (serait-ce le propre des français d'être masos?!).
samedi 25 juillet 2009
"Nom de code: Witch" Ian Rankin
L'histoire:
Cela fait des années que la Special Branch et le MI5 essaient de mettre la main sur une femme: Witch, terroriste internationale particulièrement dangeureuse et performante. Le problème, c'est que personne n'est capable de la décrire avec précision.
Il suffit de l'étrange explosion d'un bateau de plaisance au milieu de la Manche, de l'assassinat d'un banquier en Ecosse et de l'arrivée imminente, à Londres, de nombreux chefs d'État, pour semer la panique: aucun doute, Witch s'apprête à frapper de nouveau.
Entre Calais, Paris, l'Allemagne et une fête foraine à Brighton, la traque fébrile menée de front par les services secrets français et britaniques se resserent autour du Centre de conférences proche de Buckingham Palace et connaît un dénouement renversant sous les remparts de York.
La critique de Mr K:
Très bonne lecture pour un excellent thriller. J'ai découvert cet auteur par hasard au détour d'un bac et je pense creuser d'avantage la question dans les temps à venir, tant l'addiction se met vite en place (dès les 20 premières pages en fait!). La trame se déroule dans le milieu de l'anti terrorisme, vous serez confronté à une enquête sans temps morts, au suspense halletant et au dénouement vraiment surprenant. J'ai ressenti en lisant cette oeuvre l'excitation que j'avais ressentie à la lecture d'un Connelly ou de l'un des 3 volumes de la Trilogie du mal de Chattam.
La grande force de Nom de code: Witch, c'est d'abord sa structure qui s'organise autour d'un compte à rebours s'étallant sur 15 jours, les 15 jours précédants la fameuse conférence des chefs d'État à Londres. A la manière d'un 24 heures chrono, les agissements des différents personnages s'entremêlent pour peu à peu révéler la nature profonde d'un scénario parfaitement huilé. Ensuite, les personnages qui, à la manière de Connelly, sont nombreux et psychologiquement détaillés (Rankin ne dépasse tout de même pas le maître!): vous rencontrerez entre autres un inspecteur-profiler à la retraite au passé mystérieux et douloureux manipulateur et autodidacte, un bleu faisant ses premières armes sur le terrain après des années cloitré dans un bureaux, une série de chefs du MI5 et de la Special Branch tous plus névrosés et attachants les uns que les autres, une espionne française sexy et fonceuse (personnage pas vraiment réussi pour le coup, caricatural à souhait - elle conduit une 2 CV! -) et bien évidemment Witch, femme fatale agissant dans l'ombre, aux multiples identités (personnalités?), qui pour moi a sa place au panthéon des "bad girls" les plus réussies de la littérature policière.
J'ai lu ce livre en très peu de temps tant l'envie d'en savoir plus me tenaillait. Je n'ai finalement pas été déçu, l'écriture est très abordable, raffinée (à l'anglaise, on est à 10.000 lieues de Tom Clancy) et efficace. Les réponses sont distillées au goutte à goutte, le scénario se tient de la première à la dernière ligne et fait preuve d'une finesse étonnante pour une oeuvre traitant de la menace terroriste. A lire sans modération!
vendredi 24 juillet 2009
Vacances phase II

Phase I terminée! Le séjour de huit jours dans les gorges du Tarn s'est avéré sportif, culturel et gastronomique. Nous posterons différents sujets au cours des jours à venir vu les tonnes de photos prises et les expériences / rencontres vécues: des nanas des offices de tourisme qui remplissent à merveille leurs bonnets de soutifs mais aucunement leur rôle de conseillère touristique (vive les BTS tourisme!), Herr Terminator ou "L'homme qui allumait son barbecue au chalumeau" en passant par la découverte de sites troglodytes, la descente en canoë du Tarn et la rencontre improbable entre de la purée et du fromage frais...
Au revoir Millau et ses environs, bonjour Périgueux! Patrie de ma belle famille et lieu de résidence de ma chère "belle-maman". Nous y serons pour six jours avant d'aller participer aux "fêtes de Bayonne". Le séjour s'annonce déjà comme sportif, culturel et gastronomique...
mardi 14 juillet 2009
"Les neuf milliards de noms de Dieu" Arthur C. Clarke
L'auteur:
Né en 1917 en Angleterre. A douze ans, il établit une carte précise de la lune. A vingt-huit ans, il invente le principe de l'orbite géostationnaire. Mais il doit sa célébrité à ses romans de science-fiction traduits dans le monde entier. Son oeuvre la plus connue reste 2001 l'odyssée de l'espace dont l'origine est une nouvelle La sentinelle contenue dans le présent volume.
L'histoire:
Dieu existe-t-il?
Pour ce lama, chargé de trouver le véritable nom de Dieu parmi 9 milliards de combinaisons possibles, la question ne se pose pas. Avec un supercalculateur, en cent jours, il aura le compte. Et, au terme de l'opération, devinez quoi... La fin du monde... Divine surprise!
Le sort de la nébuleuse du Phénix relance le débat. pourquoi détruire une civilisation dans la fleur de son essor? Mystère! Mais Dieu a-t-il besoin de se justifier?
Dans l'univers, on trouve tour à tour l'Eden ou l'Enfer. Et puis, cet ilôt de vie, la Terre, qui, vue de l'espace, dépasse nos rêves. Enfin, de temps à autre, sur la lune ou ailleurs, une sentinelle, témoin d'une existence lointaine... Humaine ou divine? Faut-il choisir?
La critique de Mr K:
Avis mitigé cette fois-ci! Ce volume fait partie des livres dégotés déjà il y a quelques temps à Emaüs Rédéné. J'ai eu le plus grand mal à terminer ce livre, ce sont surtout les premières nouvelles qui m'ont rebutées. Sous les apparences d'interrogations métaphysiques et religieuses, on se trouve face à des textes plutôt creux et finalement assez "légers" en terme de réflexions par rapport à ce à quoi Clarke m'avait habitué. Sur les huit nouvelles de ce recueil, les quatre premières manquent donc d'intérêt et le lecteur de SF assidu que je suis s'est ennuyé!
Puis on arrive dans la deuxième partie de l'opus. Pour le coup, je l'ai terminé d'un trait au cours de notre première journée sur Périgueux! Non que je m'ennuie chez ma belle mère adorée mais Clarke retrouve ici sa verve et son talent de narrateur hors pair! Ces quatre dernières nouvelles se nomment: Avant l'Eden, Un été sur Icare, Le réfugié et La sentinelle. Elles abordent des thèmes chers à l'auteur comme la peur de la solitude, le mystère de nos origines et l'exploration spatiale. Je conseille fortement aux amateurs de 2001 de lire La sentinelle car elle éclaire sur un angle différent la scène finale du film de Kubrick et apporte quelques réponses aux questions que l'on peut se poser.
Livre à lire donc mais peut-être en "visant" quelques nouvelles en particulier afin d'éviter de tomber sur des textes "mineurs" dont la lecture est loin d'être obligatoire...
lundi 13 juillet 2009
On the road again, again...

Ben voilà... fallait bien que ça arrive! On repart en vacances! Je sais d'avance qu'une grande tristesse va envahir vos coeurs à l'idée de plus pouvoir nous lire! Sachez lecteurs que dans votre malheur, une lueur d'espoir renaîtra grâce à ma belle doche! En effet cette dernière est enfin rentrée dans le XXIème siècle en s'abonnant à internet ce qui va nous permettre de garder les yeux sur notre capharnaüm! Merci Françoise qui par cet acte va éviter à certains des actes inconsidérés et désespérés.
Au programme: halte à Périgueux, une semaine dans les gorges du Tarn, retour à Périgueux (c'est qu'on l'aime ma belle-famille!), week-end prolongé à Bayonne chez F et P puis retour à la case BZH pour le mariage de F et K pour début août. Passez tous un bon mois de juillet.
vendredi 10 juillet 2009
"L'hôpital et ses fantômes" de Lars Von Trier
L'histoire: L'hôpital Le Royaume est construit sur d'anciens marécages, lieux de toutes les légendes. Aujourd'hui, elles ont laissé la place aux médecins, aux chercheurs et à la technologie la plus avancée du Danemark. A présent, la science fait loi, mais n'est pas infaillible. Des forces occultes se sont réveillées. Fantômes, morts violentes, étranges plaintes suintant des murs: les Portes du Royaume se sont ouvertes sur un monde mystérieux, et personne ne s'en est encore aperçu...
.

.
La critique Nelfesque: Série culte et tordue, il me fallait la voir dans son "intégralité". Je mets "intégralité" entre guillemets car cette série est inachevée. Certains, comme Mr K, y trouveront tout de même une fin, d'autres comme moi, n'auraient pas boudés quelques épisodes de plus, histoire d'être bien fixé. Je ne vous dirai rien sur le final de ces 2 saisons, car après il n'y aurait plus de surprise pour vous, potentiels futurs spectateurs de Riget (titre original danois).
Et du danois, vous allez en souper! Cette série n'est disponible qu'en danois sous-titré. Après un petit temps d'adaptation face à cette langue que l'on n'a pas l'habitude d'entendre, on finit par parler le danois couramment! "Marü, lille pige"!!! L'hôpital et ses fantômes est mieux qu'un Assimil!

Ce qui fait la force de cette série, ce sont les personnages tous plus déjantés les uns que les autres. On s'attache énormément à eux: Mme Drusse, vieille dame communiquant avec les esprits, Stig Helmer, neurochirurgien suédois, parlant à ses étrons et hurlant "putain de danois" à chaque épisode, Moesgaard, chef de service incompétent et soignant ses problèmes psychologiques dans un groupe de travail grâce au rituel du tambour, Bondo, professeur chercheur se faisant greffer un foie malade afin de posséder la tumeur la plus grosse du monde, Judith accouchant d'un "bébé" horrible grandissant à vue d'oeil et vous faisant faire une croix sur vos envies de grossesse! Et je passe sur l'infirmière nymphomane, l'étudiant coupeur de tête et autre secrétaire obsédée des dossiers bleus!

Pour ce qui est de la réalisation, nous sommes dans une oeuvre qui préfigure le Dogme et cette façon de tourner peut dérouter ou même lâcher en route quelques spectateurs. Je ne vous cache pas que c'est très particulier et que là aussi il faut un temps d'adaptation. Lars Von Trier n'est pas un réalisateur comme un autre et fait du Lars Von Trier. A chacune de ses oeuvres, il nous propose des choses nouvelles et une façon de filmer très personnelle.

Je ne sais pas si je conseillerai de visionner cette série... Si vous ne le faites pas, vous risquez de passer à côté de quelque chose... Mais si vous décidez de le faire, faites le en toute connaissance de cause. Vous sombrerez dans un univers singulier qui ne plait pas toujours, une lenteur par laquelle il faut passer pour appréhender tout les aspects de cette série.
Personnellement, j'ai aimé L'hôpital et ses fantômes. Y'aura-t-il d'autres cerveaux malades?

La critique de Mr K: 6/6. Excellente mini-série que je place avec joie à côté du "Prisonnier" et de "Twin Peaks". 8 épisodes d'une heure environ seulement mais une intensité qui va crescendo vers un dénouement apocalyptique. Attention cependant à ceux qui aiment les fins claires et précises, celle ci est ouverte et sujette à interprétation selon les sensibilités. Revenons à la série: imaginez vous la série "Urgence" peuplée de personnages antipathiques, bizarres, vivants, morts, diformes; mélangez le tout avec des intrigues tordues mélangeant psychologie et paranormal et vous obtenez "The Kingdom" titre originel de cette oeuvre.

Vous croiserez une petite vieille aux talents de médium qui cherche à aider une âme errante, une doctoresse enceinte d'un fantôme dont le foetus est déjà à moitié adulte (attention scène choc!), un docteur d'origine suédoise (détestant les danois) égocentrique au possible (mon préféré! Romano scandinave dans l'âme!), un interne dealer de matériel médical au grand coeur victime d'un rite vaudou, une spécialiste du sommeil à libido galopante (sans mauvais jeu de mot!), des chefs de services membre d'une loge mystérieuse aux liturgies ridicule (voir la scène du couteau et du citron), des externes amateurs de "courses à l'aveugle" à l'humour bien noir et potache, deux trisomiques chargés de la plonge dans les cuisines de l'hôpital qui commentent tous les épisodes comme s'ils étaient au courant de tout etc... Reste un dernier personnage, l'hôpital en lui même! Dernier cri de technologie mais glauquissime au possible... Le style Von Trier est d'ailleurs mis au service de ce dernier avec une image tantôt ocre, tantôt verdâtre qui distille le malaise dans l'esprit du pauvre spectateur.

Cette série est vraiment incroyable tant le réalisateur-auteur fait preuve de maestria à tous les niveaux: technique, scénario et direction d'acteurs. Il apparaît d'ailleurs furtivement à la fin de chacun des épisodes pour nous en faire un léger commentaire qui bien au contraire d'une explication complexifie davantage la portée de ce que l'on vient de voir... C'est pas pour me déplaire! Il nous invite à chaque fois à prendre le bien avec le mal (merci Ys pour la formulation!) et Dieu sait qu'on passe de l'un à l'autre durant tous les épisodes. A ce propos, j'avais tenté il y a quelques temps de regarder le remake américain qui s'est avéré aussi peu inspiré que commercial. Ici point de concession à l'image du cinéma de Von Trier, on aime ou on aime pas... Perso j'adore!